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Droits et devoirs de l’apprenti : transformer les règles en réflexes professionnels

Contexte général & objectif

Informer les apprentis de leurs droits et devoirs, en tant qu’apprentis et en tant que salariés, fait partie des missions que la loi confie aux CFA (article L6231-2 du Code du travail). Chez Audencia, ce module est animé depuis 2021 par les référentes apprentissage auprès de tous les apprentis, du Bachelor au Programme Grande École « plus de 1400 d’apprentis chaque année ».

Un module apprécié… qui peinait à s’ancrer

Les apprentis saluaient la qualité des informations et des échanges. Les référentes constataient pourtant un décalage : ce qui était compris le jour J s’effaçait souvent au moment où l’apprenti en avait besoin, face à un arrêt maladie, un retard ou une question sur son contrat.

L’analyse des avis étudiants a confirmé ce paradoxe. Les remarques portaient sur la densité, les répétitions et le manque d’interaction. Surtout, les apprentis ne demandaient pas plus d’informations, mais des repères actionnables : « Que dois-je faire si je suis malade ? », « Qui contacter ? », « Qu’attend-on vraiment de moi comme salarié ? ».

Le sujet n’était pas la qualité perçue du module, mais son ancrage.

Objectif : passer de la règle expliquée au réflexe professionnel

Fin 2025, Emmanuelle BOUILLON, a confié au pôle Learning & Teaching Development la refonte complète du module, dans un format de 2 heures en présentiel. Trois exigences ont guidé le projet :

  • un tronc commun partagé par tous les programmes, décliné selon le niveau des apprentis ;
  • une pédagogie active et contextualisée, construite autour de situations réelles ;
  • un focus sur la posture professionnelle et le savoir-être en entreprise.

Méthodologie : partir de l’existant, pas d’une page blanche

Le projet s’est déroulé en cinq étapes, de la demande de novembre 2025 au déploiement de septembre 2026. Chacune a mobilisé des acteurs différents.

Le L&T Designer assure la continuité d’une étape à l’autre ; les référentes sont au cœur de la co-conception et du déploiement.

Étape 1 – Cadrer le besoin

Une fiche projet a d’abord été co-construite avec le commanditaire : public visé, objectifs, jalons, rôles de chacun. Elle a été actualisée au printemps 2026 pour intégrer les retours des référentes.

Étape 2 – Diagnostiquer à partir des données

Avant toute proposition, les supports existants de chaque programme, le syllabus et plus de 400 avis étudiants ont été analysés. Ce diagnostic a permis de distinguer ce qui s’ancrait déjà de ce qui restait flou.

Thème Ce que montrent les retours
Statut de salarié, contrat d’apprentissage Le message central passe bien.
Absences, retards, arrêt maladie Thème sensible, encore source d’incertitude.
Rémunération, congés, aides Fort intérêt dès que l’impact est personnel et immédiat.
Accompagnement, « à qui parler » Les apprentis valorisent la disponibilité de l’école.
Posture et communication professionnelles Présentes, mais pas encore travaillées comme un objectif à part entière.

La conclusion a orienté toute la suite : le présentiel ne devait plus servir à relire le cadre légal, mais à traiter des situations. D’où une logique en trois temps :

  • Avant : je découvre les essentiels.
  • Pendant : je traite des situations et je décide quoi faire.
  • Après : je retrouve les procédures fiables et je vérifie ce que j’ai retenu.

Étape 3 – Co-concevoir avec celles qui animent

En mai 2026, les référentes apprentissage de chaque programme se sont réunies pour un atelier de co-conception de deux heures, sur un tableau blanc collaboratif (Draft.io). Le parti pris était simple : les référentes apportent leur expertise du terrain et du cadre réglementaire, l’ingénierie pédagogique se charge de la traduction.

« Je ne vais pas vous demander de repartir d’une page blanche. J’ai besoin de votre expertise : ce qui fonctionne, ce qui est indispensable, les questions récurrentes des étudiants. » – Firas ABDELMALEK, Learning & Teaching Designer

L’atelier s’est articulé en cinq temps :

  1. Décrire l’animation réelle : à quel moment les apprentis décrochent, quelle information est comprise sur le moment puis oubliée.
  2. Trier les contenus : ce qui se travaille en classe parce qu’il demande un réflexe ou une décision, et ce qui doit rester disponible après le cours. Un même sujet peut aller dans les deux colonnes : l’arrêt maladie se travaille en cas pratique, puis se retrouve dans une fiche réflexe.
  3. Formuler les attendus communs : « À la fin du module, tout apprenti doit être capable de… ». « Il faut parler des congés » devient ainsi « l’apprenti sait distinguer congés payés, congé examen et absence en formation ».
  4. Vivre une activité : les référentes testent elles-mêmes un format, puis débriefent ce qu’il apporte de plus qu’une explication descendante.
  5. Explorer les pistes d’activités à transposer à chaque programme.

Un principe a fait consensus et rassuré tout le monde sur le respect du cadre :

« On ne retire pas d’information utile. On choisit mieux où elle vit : en présentiel, dans le support ressource, sur le LMS Blackboard ou dans une fiche réflexe. »

Signe que le format a plu, les participantes ont demandé à renouveler l’exercice.

Étape 4 – Produire un kit prêt à animer

À l’issue de l’atelier, l’ancien support a laissé place à un kit complet, pensé pour que chaque référente puisse animer sereinement :

  • un support de présentation plus visuel et ludique, structuré autour des situations plutôt que des règles ;
  • un guide de facilitation : consignes prêtes à dire, timing, messages clés et points de vigilance ;
  • un kit imprimable : affiches, cartes situations, frises, badges et antisèches pour les apprentis.

Le tout suit un fil rouge que les apprentis retrouvent à chaque activité : prévenir, justifier, tracer. La posture attendue de l’animateur est explicite : rassurante, concrète, non moralisatrice. L’objectif est de sécuriser, pas de faire peur.

Quatre objectifs pour l’apprenti

  1. Comprendre mon statut de salarié en formation.
  2. Identifier mes droits et devoirs essentiels.
  3. M’entraîner sur des situations réelles.
  4. Savoir qui contacter et où retrouver l’information.

Un déroulé de 2 heures

Démarrage et statut, droits et devoirs essentiels, parcours 48h, dilemmes professionnels, hotline des interlocuteurs, puis quiz final et trace écrite avec un papier-minute.

Trois activités phares

« Ce ne sont pas des jeux ajoutés au cours. Ce sont trois formats d’apprentissage actif qui transforment les droits et devoirs en réflexes professionnels. »

#1 Le parcours 48h : suivre la bonne procédure

Par groupes, les apprentis reconstruisent sur une frise les démarches d’un apprenti malade un jour de formation : tout de suite, dans la journée, sous 48 heures, après. Des cartes « pièges » font émerger les erreurs fréquentes, comme prévenir uniquement un camarade ou attendre le certificat avant de prévenir. Le message à retenir tient en une ligne : absence = prévenir + justifier + tracer.

#2 Les quatre coins du risque : arbitrer une situation ambiguë

L’animateur lit une situation : une mission floue, un manager qui demande de venir travailler pendant un cours… Chacun rejoint le coin qui correspond à son analyse : acceptable, risqué, inacceptable ou ça dépend. Deux groupes justifient leur choix, puis la classe formule le réflexe qui aurait sécurisé la situation.

#3 La hotline de l’apprenti : activer le bon interlocuteur

Pour chaque situation (bulletin de salaire étonnant, missions éloignées du contrat, congé examen…), le groupe choisit le premier interlocuteur, formule sa demande en une phrase professionnelle et identifie la trace à garder. L’activité apprend à ne pas rester seul face à une difficulté.

Ces formats s’appuient sur l’apprentissage actif et situé : l’apprenti traite une situation, prend une décision, confronte son raisonnement, puis stabilise la règle.

Étape 5 – Déploiement et premier bilan

À la rentrée de septembre 2026, le nouveau module a été animé en Bachelor, en SciencesCom et au Programme Grande École en apprentissage, dont ses quatre spécialisations à Nantes et Paris. Les premiers retours confirment que le format fonctionne, auprès des apprentis comme des équipes.

Un kit que chaque équipe s’est approprié

Chaque référente a adapté le kit à ses contraintes, ce qui était précisément l’intention : harmoniser les objectifs, pas les façons d’animer. En petite salle, les apprentis votent avec des feuilles de couleur plutôt que de se déplacer vers les quatre coins. Avec des groupes de plus de 40 apprentis, la hotline se joue à main levée. En SciencesCom, le module a tenu en 1h30 environ pour des groupes de 30 à 38 apprentis.

Ce qu’en disent les apprentis

Programme Participation au questionnaire Principaux retours
Programme Grande École (apprentissage 24 mois) 293 répondants sur 465 participants Note moyenne de 4,39/5 ; 86 % de notes 4 ou 5 ; module jugé formateur, très clair et détaillé
Bachelor 71 % de répondants Module jugé clair, utile et rassurant ; animation interactive et mises en situation citées comme points forts
SciencesCom 107 répondants Format apprécié de tous ; alternance entre explications et cas pratiques ludiques
MS 195 répondants Module jugé clair, complet, utile et bien expliqué ; Supports perçus comme compréhensibles et structurés ; Les cas pratiques sont appréciés lorsqu’ils sont utilisés.

Les notions essentielles (droits, devoirs, posture professionnelle, interlocuteurs) sont bien identifiées. Les demandes d’éclaircissement restent ciblées : absences, examens, rupture de contrat et aides.

Témoignages des référentes

« Le format a été apprécié de tous. Ils ont aimé l’alternance entre les explications théoriques et les petits cas plus ludiques et pratiques. » – Mélaine PRAUD, référente apprentissage SciencesCom

« Un bilan très positif. Le module est perçu comme formateur, très clair et détaillé. » – Christelle GODET, référente apprentissage Programme Grande École

« Le module est très largement apprécié par les apprentis, qui le jugent clair, utile et rassurant. Belle réussite ! » – Valerie CHAUVET, référente apprentissage Bachelor

« Les retours sont très positifs : le module est jugé clair, complet et utile, avec des supports bien structurés et des cas pratiques particulièrement appréciés. » – Justine ZAMBAUX, référente apprentissage MS®

Ce que les Learning & Teaching Designers apportent aux intervenants

Ce projet illustre la force d’un binôme : l’expertise métier des intervenants d’un côté, l’ingénierie pédagogique de l’autre. Les référentes connaissent le cadre et les apprentis ; le Learning & Teaching Designer transforme ce savoir en expérience d’apprentissage.

Concrètement, un L&T Designer peut vous apporter :

  • Un diagnostic fondé sur les données : croiser supports, syllabus et avis étudiants pour nommer le vrai problème avant de chercher des solutions.
  • Une facilitation qui fait gagner du temps : vous apportez votre expertise, la traduction pédagogique est prise en charge.
  • Des choix de conception argumentés : chaque activité répond à un objectif précis (suivre une procédure, arbitrer, s’orienter).
  • Des outils prêts à l’emploi : consignes, timing, vigilances, matériel imprimable, checklist avant séance.
  • Un cadre commun qui laisse la main : des objectifs harmonisés, une animation que chacun adapte à sa salle et à son groupe.

« Mon rôle n’est pas de dire aux intervenants comment animer, mais de transformer ce qu’ils savent en situations où les apprentis s’entraînent. » – Firas ABDELMALEK, Learning & Teaching Designer, pôle L&T Development

Vous portez un cours ou un module à redynamiser ? Remplissez le formulaire de besoin d’ingénierie pédagogique ou écrivez-nous à pedagogy@audencia.com.

Et maintenant ? Les pistes d’amélioration continue

Cette première édition pose des bases solides ; les retours ouvrent déjà la version suivante.

  • Gagner encore en concision. Certains apprentis signalent des redondances et une durée un peu longue, notamment ceux qui ont déjà vécu une première expérience d’apprentissage. Un temps de positionnement en début de séance pourrait permettre d’ajuster le rythme.
  • Mesurer l’ancrage à froid. La satisfaction à chaud est au rendez-vous ; le véritable indicateur reste ce que les apprentis savent faire quelques semaines plus tard. Un test court, avant puis après le module, est à l’étude.
  • Prolonger en ligne. Un parcours d’entrée sur Blackboard et des fiches « Que faire si… ? » permettraient de retrouver l’information au bon moment.
  • Nourrir les ressources avec les papiers-minute. Les points restés flous (absences, examens, rupture, aides) indiquent les fiches à enrichir en priorité.
  • Poursuivre la co-conception. Les référentes ont demandé un nouveau temps d’échange : l’occasion de partager les adaptations de chacune et d’enrichir le kit.

« Vous n’avez pas besoin de tout retenir par cœur. En revanche, vous devez savoir comment réagir, qui contacter et où retrouver une information fiable. »

Équipe projet et remerciements

Ce module est le fruit d’un travail collectif. Merci à chacune et chacun pour son expertise, sa disponibilité et son ouverture au changement.

Et bien sûr, merci aux apprentis dont les retours ont nourri chaque étape.

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